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Van Outryve van 1000 décibels visie op START (1000 Décibel) PDF Afdrukken E-mailadres
Politieke reacties
Geschreven door WebMaster   
dinsdag 06 september 2005 21:45

1000 décibels 5 september 2005

Le plan START, offensive majeure contre Bruxelles

L'éditorial de Gauthier van Outryve, Rédacteur en Chef de Mille Décibels est consacré à une première estimation de l'impact politique, économique et environnemental du plan START récemment lancé par la Région flamande. Le plan START, présenté en Flandre comme nécessairement lié au plan de dispersion, prévoit le doublement à moyen terme du trafic aérien autour de l'aéroport de Bruxelles-National à Zaventem. Cette évolution doit s'accompagner du développement d'une véritable ville d'affaires à côté de l'aéroport. L'évaluation des effets négatifs pour la Région bruxelloise apparaît aujourd'hui comme une urgence.

Le plan START lancé par Yves Leterme est une gigantesque machine économique dont le but est de transformer la plus riche région d'Europe, le Brabant flamand, en un futur champion mondial de la prospérité. Mais pour y parvenir, développement ne sera pas forcément synonyme de dynamisme. Le mot transfert conviendra beaucoup mieux car le plan START s'inscrit dans une logique de concurrence dure avec Bruxelles. Il n'y a plus de logique fédérale, plus de logique confédérale, plus de logique de paix entre voisins. Dans un cadre de totale dérégulation, il ne reste que l'idée de prendre à l¹autre.

START, début du déclin économique bruxellois ?
La présence d'un aéroport à proximité de Bruxelles lui est sans doute utile pour assumer son rôle d'accueil des Institutions européennes mais un supplément d'activité ne lui apportera rien, au contraire. Bien sûr, quelques mesurettes destinées à stimuler l'emploi de chômeurs Bruxellois trilingues à Zaventem seront offertes en aumône. Bien sûr, des voix comme celles du VLD s'élèveront pour affirmer que le développement de Zaventem profite à tout le pays. Mais il faut voir clair et considérer deux circuits économiques dans la perspective du Plan START. Une partie des entreprises créées autour de Zaventem le seront grâce à l'augmentation du trafic aérien. Bruxelles pourra profiter de retombées essentiellement indirectes - car les emplois directs seront localisés en Flandre - et d'un apport économique limité (horeca, tourisme, etc). Mais Bruxelles a déclaré ne pas vouloir réduire son habitabilité pour si peu et c'est son droit souverain. Il y a un second circuit économique, beaucoup plus considérable et qui constitue la partie immergée de l'iceberg. Il sera constitué par les entreprises qui s'installeront dans les centaines de milliers de mètre carrés de bureaux dont la construction est programmée dans le cadre du plan START. Pour la Région bruxelloise, la perspective est catastrophique. Des entreprises installées à Bruxelles partiront. D'autres qui auraient pu s'y installer ne le feront pas. Quel dirigeant flamand choisira de ne pas s'implanter dans la nouvelle ville d'affaires, porte internationale de la Flandre, créée autour de l'aéroport ? Combien de firmes étrangères ne cèderont pas à la tentation de les imiter ? Elles s'installeront autour de Zaventem pour profiter à la fois de la proximité de Bruxelles, de celle de l'aéroport, de l'image de dynamisme de la Flandre et du réservoir de parfaits trilingues présents dans le Brabant flamand. Bruxelles ne manquera pas d'arguments pour contenir au mieux le phénomène de déperdition, mais elle devra lutter pied à pied.

Le danger des vases communiquants

Il faut apercevoir que START permet de détourner le potentiel d¹attractivité économique de la capitale de l'Europe au plus grand profit de la Flandre. Le développement économique promis par START est bien un transfert d'activité. Jamais aucun autre moyen d'affaiblir Bruxelles ne pourra être aussi efficace. En comparaison, la fermeture sélective des sorties du ring et les circonvolutions du Gordel ne sont que roupilles de sansonnet. A Bruxelles, les bureaux à louer sont vides, désespérément, dans l'attente de la reprise économique. Hors le quartier européen où les loyers et le taux d'occupation restent élevés, le marché est plongé dans un profond marasme. A l'est de la capitale, les prix locatifs tombent sous la barre des 100 euros le mètre carré. Même avec 6 mois, un an de loyer gratuit, les candidats locataires manquent à l'appel. Lorsque des centaines de milliers de mètres carrés de bureaux auront été construits autour de l'aéroport, dans le cadre du plan START, quelles seront les motivations des entreprises de s'installer encore à Bruxelles où l'habitabilité offerte à leurs employés sera devenue médiocre ? Dans les années à venir, les taux d'occupation de l'immobilier de bureau à Bruxelles et autour de l'aéroport seront deux indicateurs qui permettront d'objectiver avec précision l'importance du phénomène. Il faut aussi prévoir le pire. Si le climat politique doit encore se détériorer entre les Régions, telle une épée de Damoclès, le plan START pourra facilement être étoffé et produire un plus grand préjudice à Bruxelles. Ainsi, par exemple, on ne peut exclure le risque de voir la Flandre conférer à Zaventem un statut de zone franche, comme l¹aéroport de Gosselies dans le nouveau « Plan Marshall » wallon.

START, désastre annoncé pour l¹habitabilité à Bruxelles
A côté de l¹aspect économique, le plan START représente une terrible menace environnementale pour Bruxelles car la Flandre veut doubler le trafic aérien. Grosso modo, la vocation du plan de dispersion était de diviser par deux les nuisances en Brabant flamand afin que la pression sur les habitants ne puisse jamais dépasser celle qui précèdait le plan Anciaux. Un rapide calcul permet de comprendre que les nuisances sur Bruxelles et l'oostrand, au moins doublées depuis le plan de dispersion, devraient donc à terme être quadruplées avec la mise en oeuvre de START. Pourquoi Bruxelles laisserait-elle tout faire sans broncher ? Il y a un droit à la légitime défense. Le plan de dispersion n'est rien d'autre qu¹un plan de captation, un transfert d¹habitabilité depuis une zone bruxelloise et francophone vers une zone authentiquement flamande. Affirmer qu¹il puisse être équitable de répartir des nuisances entre quartiers inégalement survolées dans le passé, tout en dépassant les seuils de tolérance et sans mesures correctrices, est un mensonge grotesque. Au contraire, l'abaissement de la charge sonore en Brabant flamand accélérera le processus de déperdition que START causera à l'économie bruxelloise. Une entreprise, ce sont d'abord des travailleurs qui doivent habiter à proximité de leur lieu de travail.

Refuser le mensonge
Personne ne pourra invoquer la moindre étude d¹impact sérieuse pour démontrer que Bruxelles profite plus de « son » aéroport que la Flandre. Le Ministre Landuyt lui-même a été bien obligé de l'admettre en Commission de l'Infrastructure de la Chambre en réponse à une question de la très candide députée CD&V Simonne Creyf (celle qui pensait avoir compris que le Médiateur fédéral préconisait une utilisation plus intensive de la piste 02). Le Ministre de l'Environnement de la Région flamande, Kris Peeters, lui est venu en renfort en communiquant un chiffre jusqu'alors introuvable : 90% des emplois générés par l'aéroport sont flamands. Le bourgmestre de Woluwé-Saint-Pierre parle de plus 97%  Le plan START est aussi « national » que le plan Anciaux est « équitable ». Bart Somers nous livre une meilleure clé d'interprétation : « refuser la solidarité que pour une fois la Flandre demande aux francophones, c'est dangereux ». S'il y a solidarité invoquée, c'est qu'il y a transfert avoué ; en l'occurrence le sacrifice de l'habitabilité bruxelloise en contribution nette au plan START et en compensation de l'argent flamand versé à la Wallonie. En clair, à destination des dirigeants wallons présents au fédéral, c'est « laissez-nous piller Bruxelles ou financez votre sécurité sociale vous-même ». Voilà une épreuve qui nous éclairera sur la réalité de la destinée commune entre bruxellois et wallons. Et sur leur capacité à résister de concert aux formes les plus grossières du chantage.

L¹heure de résister
Pour nier cette vérité trop laide, les bobards ne manquent jamais : le plan de dispersion est équitable, Bruxelles doit être solidaire et accepter sa part de nuisances, l'aéroport profite surtout aux bruxellois, les intérêts économiques et environnementaux de Bruxelles et de la Flandre sont identiques, Bruxelles a refusé le développement de DHL (et non pas le principe de dispersion) START va profiter à toute la Belgique, Bruxelles est une méchante égoïste, ceux qui refusent le principe de dispersion sont des extrémistes, l'espace aérien de Bruxelles est aussi fédéral que la Mer du Nord  Toutes ces inepties pourraient être distrayantes si elles n'avaient pas d¹effets tragiques pour la population qui souffre du bruit. Pire, aucune n¹aurait le moindre impact dans le débat politique si la menace de réactions nationalistes extrêmes en Flandre ne leur servait pas de caution. En brandissant le Vlaamse Belang comme un épouvantail, comme une arme, les partis flamands donnent une crédibilité très artificielle à des arguments peu ou pas étayés. Accepter de les entendre, c'est alimenter un processus. C'est ne pas assumer son devoir de défendre la démocratie. Il faut refuser la logique d'un discours basé sur une idéologie antagoniste qui a pour but ultime l'hégémonie nationaliste et l'avènement d¹un système de pensée unique en Flandre. L'agression faite à Bruxelles, à la fois économique et environnementale, est trop massive et trop destructive pour ne pas se poser de questions sur la volonté chez certains politiques flamands de faire perdurer un modèle coopératif belge.

Bruxelles face à son destin

Le programme START n'existera pas s'il doit se faire au dépend de l'habitabilité de Bruxelles. Il ne s'agit pas seulement de faire respecter les normes de bruit qui sont de la compétence de la Région bruxelloise en ce qui concerne son territoire, laquelle a été confirmée par voie juridique. La question du nombre de survols se pose tout autant. En matière de tolérance au bruit des avions, la fréquence est un élément aussi important que la valeur des pics. Sans un plafonnement immédiat et définitif des vols de jours, sans une suppression totale des vols de nuit au dessus de Bruxelles, puisque la dispersion rend impossible des mesures d'isolation ou d'expropriation, le plan de dispersion est exactement le contraire d'un plan de solidarité. Le gouvernement flamand ne trouvera pas d'accord avec la Région bruxelloise aussi longtemps que le doublement des nuisances de l'aéroport - de nuit mais aussi de jour - ira de pair avec leur dispersion. C'est une impossibilité politique évidente. Pourquoi ? Parce que c'est un devoir historique qui oblige le gouvernement bruxellois à faire barrage à la logique contenue dans le plan Anciaux. De fait, on observe que la Région bruxelloise, sûre de son bon droit et de son jugement, refuse de se laisser faire. Pourrait-elle, sans risque de ridicule, se donner à la fois pour vocation d¹être capitale de l'Europe et rester une cité qui se soumet lâchement aux humiliations ? Aucune grande ville européenne ne doit subir autant de nuisances aériennes pour des motifs uniquement politiques. Si des avions en surnombre devaient prouver leur trop insigne faiblesse aux bruxellois, tous les jours et toutes les nuits pendant des années, jamais Bruxelles ne pourrait se convaincre de sa capacité d'autodétermination ; et encore moins en convaincre ses voisins. L'identité bruxelloise peut se forger dans le respect de soi, pas dans la honte et la soumission. En Flandre, il faut comprendre que la Région bruxelloise joue sa survie et n'a pas les moyens de perdre, encore beaucoup moins qu'elle. Son combat pour la défense de ses normes de bruit est devenu le principal emblème de la lutte pour la reconnaissance de son autonomie. Du conflit, Bruxelles sortira renforcée. A la croisée des chemins, en cette période de mutation institutionnelle majeure, la crise des nuisances aériennes est son épreuve de vérité.

Les répercussions du dossier sur l'équilibre du pays
Yves Leterme peut-il se permettre, dans une Flandre que la menace nationaliste pousse au bord du gouffre, d¹abandonner le plan START qui doit rapporter des milliards d'euros ? Assurément non. En comparaison, céder sur le plan de dispersion qui ne rapporte que des ennuis, même sur toute la ligne, semblera un moindre mal. Mais en réaction, comme pour BHV, il n¹y aura d¹autre solution pour la classe politique flamande que d¹affirmer plus durement encore une volonté nationaliste. Cela n'est pas souhaitable et doit être évité si faire se peut. Le piège, astucieusement mis en place, ne sera pas facile à démonter. Il faut comprendre que ce sont les sournoiseries de Spirit, complaisamment entretenues par Renaat Landuyt, qui ont mené la Région flamande au fond de l'impasse. La Région bruxelloise a été mise dans l'obligation de prouver sa capacité à imposer le respect face à des exigences flamandes excessives et vexatoires, en réalité conçues et voulues comme telles par Bert Anciaux. Le plan Anciaux a été une expédition punitive menée en rétorsion d'un préjudice inventé. Les francophones n'ont jamais considéré le principe de concentration comme une agression contre des flamands, pour la bonne raison qu'ils se l'appliquent à eux-mêmes à Bierset. Pour quelques politiques en Flandre, la finalité du principe de dispersion est de semer la zizanie entre elle et Bruxelles pour mieux démontrer l'inefficacité de l'actuel modèle institutionnel belge. Car le risque n'est pas écarté de voir le dossier des nuisances aériennes servir abusivement de preuve de l'impossibilité de maintenir l¹unité fédérale. Faudra-t-il écouter ces sornettes sans broncher ? Si la Belgique doit se confédérer ou finir un jour, à Dieu ne plaise, que ce soit pour de vraies et honnêtes raisons. Pas à cause d'une idée stupide et fausse.
Le 5 septembre 2005

Laatst aangepast op zaterdag 10 september 2005 15:03